Fierté Montréal : des organismes communautaires retirent leur appui
Une dizaine d’organismes lesbo-queers claquent la porte du festival Fierté Montréal, dénonçant des pratiques teintées « de misogynie, de racisme, de sexisme et de capacitisme » à l'interne. L'organisation, elle, se dit surprise et attristée tout en assurant qu'elle prend ces allégations au sérieux. Dans une lettre transmise aux médias vendredi, les représentantes d’organisations telles que le Centre de solidarité lesbienne et le Social Club clament ainsi que Fierté Montréal ne les représente plus et maintient Le reportage de Raphaëlle Drouin Cette dernière assure que cela fait Ces propos rejoignent ceux de Samya Lemrini, présidente du conseil d’administration de Helem Montréal. Cette organisation qui défend et représente les communautés LGBTQ+ arabophones de la métropole s’indigne aussi du fait que Fierté Montréal collabore avec des entreprises qui, selon elle, soutiennent le L'année dernière, des manifestants propalestiniens avaient momentanément perturbé le défilé de Fierté Montréal. Des actions similaires ont été observées ailleurs au pays. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Sandrine Côté Aux yeux de Noah Benoît, coordonnatrice de la transformation et de l'implication sociale au Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de l'Ouest-de-l'Île, justifier la présence de ces entreprises par la nécessité d’avoir du financement ne convient pas. Cynthia Eysseric fait le même constat : On peut avoir quelque chose de plus petit qui ressemble plus à la communauté. Je ne sais pas d’où vient le besoin d’avoir le festival le plus gros possible. Pour répondre à ce phénomène, les organismes qui critiquent Fierté Montréal se sont ralliés à un organisme naissant, le Wild Pride, qui se présente comme une option alternative à ce festival qui existe depuis 2007. Samya Lemrini participe à l’organisation du Wild Pride. Elle espère pouvoir créer un rassemblement où Le directeur général de Fierté Montréal, Simon Gamache, trouve On ne veut certainement pas qu’il y ait des groupes qui se dissocient de nous, parce que nous, on croit que c’est ensemble qu’on est plus forts. C’est triste, c’est dommage, c’est sûr qu’il y a des accusations qui sont assez importantes, donc on les traite très sérieusement. Il assure ainsi qu’une enquête a été amorcée il y a plusieurs semaines par le conseil d’administration de Fierté Montréal pour revoir certaines pratiques si nécessaire. Un processus de traitement des plaintes par une tierce partie est également sur les rails et devrait être fonctionnel d'ici septembre, ajoute-t-il. Simon Gamache, directeur général de Fierté Montréal. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Jean-Baptiste Demouy Ceci dit, Simon Gamache se dit également Le directeur confirme ainsi que les organismes partenaires sont présents aux assemblées générales et sont élus au conseil d’administration mais que tout ça n’est qu’un début. Il admet toutefois qu'au vu de la controverse actuelle, Fierté Montréal devra peut-être revoir son approche. C’est sûr qu’on a une part de responsabilité. On a peut-être mal expliqué ce qu’on est en train de faire. Martelant que Fierté Montréal et lui-même ont de nombreux angles morts et qu’ils s’efforcent d’être aussi inclusifs que possible, Simon Gamache réfute l'idée selon laquelle le festival serait à la solde d'entreprises qui le soutiendraient. C’est cette semaine qu’a été dévoilée la programmation complète du festival Fierté Montréal, qui débutera le 31 juillet et se terminera le 10 août lors de son célèbre défilé. Lisa LeBlanc, Katherine Levac, Charlotte Day Wilson, Martine St-Clair et Bilal Hassani seront en spectacle durant l’événement, tout comme des drag queens d’ici et d’ailleurs, notamment Rita Baga, Barbada, Gisèle Lullaby, Detox, Bimini et Lemon. Avec des informations de Raphaëlle Drouinune culture organisationnelle toxique et une direction qui refuse d’écouter
.Nous avons entendu des témoignages bouleversants : des groupes ignorés, utilisés, sous-payés; des contrats rompus sans explication; des cas de ghosting [fantomisation], de gaslighting [détournement cognitif], d’outing [révélation publique de l'orientation homosexuelle d'une personne sans le consentement de cette personne] d’une survivante à son agresseur.

On ne peut pas continuer à travailler avec une organisation qui fait de la violence comme ça envers nos communautés, ça n’a aucun bon sens
, tranche ainsi Cynthia Eysseric, directrice du Réseau des lesbiennes du Québec.des années
que ce qui fait l'objet du contenu de cette lettre est signalé aux cadres de Fierté Montréal mais qu'il n'y a pas eu d'accusé de réception ni de réponse.Ça fait longtemps qu’il y a des tensions dans la communauté LGBT, mais au bout du compte, on se bat tous contre les mêmes systèmes d’oppression, et là, ces systèmes d’oppression se répètent à l’intérieur de Fierté Montréal et nuisent à notre communauté
, ajoute Mme Eysseric.Le conflit au Proche-Orient aussi évoqué
génocide
perpétré contre les Palestiniens dans la bande de Gaza.Je pense qu'on est rendus à se demander si on veut continuer à nourrir ce feu
, regrette Samya Lemrini.
Si la Fierté ne peut pas fonctionner sans l’argent d’[organisations] qui financent un génocide, si ça prend l’argent de multinationales qui ne soutiennent pas nos droits dans d’autres moments, à ce moment-là, à quoi elle sert, la Fierté? C’est quoi, ce festival-là, si on est obligés, pour le célébrer, [de contribuer] au dénigrement des droits d’autres personnes?
Les racines d’une fierté, ce n'est pas comme les racines d’un autre festival : de musique, par exemple. Fierté Montréal est basé sur des racines militantes, donc c’est vraiment important que ça reste au cœur du festival, et là, on ne le voit plus du tout. On a l’impression que c’est juste un festival commercial
, ajoute-t-elle.tout le monde se sent[ira] visibilisé, en sécurité et représenté
.C’est vraiment par la communauté, pour la communauté
, se réjouit Noah Benoît, du CALACS de l'Ouest-de-l'Île, qui, sans être membre du comité à l'origine de cet organisme, était présente à sa première assemblée, qui s’est tenue cette semaine.Fierté Montréal préoccupée par ces critiques
graves
les accusations portées contre son organisation.
perplexe
devant cette situation.Ces groupes-là disent qu’il faut qu’il y ait des changements de structure à Fierté Montréal. C’est exactement ça qu’on fait depuis deux ans. Il y a deux ans, le 26 mai 2023, on a déchiré nos règlements généraux et on en a pris des nouveaux pour justement redonner la voix aux communautés dans la gouvernance de Fierté Montréal.
On commence quelque chose. Ce n’est pas le moment de claquer la porte. On a justement créé cet espace-là pour que vous puissiez nous parler, et pas nécessairement sur les réseaux sociaux : un à un, une à une
, souligne-t-il.On n’est pas en train de dire qu'ils n'ont pas raison. On veut les écouter.
Si une entreprise vient vers nous et veut travailler avec nous, nous, on s’assure que cette entreprise-là a les mêmes valeurs que nous.
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